Thierry RIVIERE

 

	Parti avec la nécessité de « voir ailleurs », les origines créoles de Tiéri le rattrapent pourtant, 
un jour, lui faisant prendre conscience de sa position d' « exilé ».

Les pièces qu'il crée évoquent en effet bien souvent le voyage, le déplacement ou la migration.
Comment ne pas faire le lien avec son histoire personnelle,

son déracinement peut être? À quel point notre identité influence-t-elle notre production artistique?
Les titres de ses travaux sont en créole.

 Ils rappellent donc les origines certes, mais pour nous, spectateurs, ils sonnent de manière exotique et
poétique « An Pagay, Voyaz', Désot' la mer... ». Comme le choix de ses matériaux, il sont autant d'indices d'une autre culture, qui vient donc se frotter à la notre,
la perturber. Ils déroutent.

Tiéri manipule des objets déjà existants. Il les cueille avec soin. Par ce que chaque objet raconte une histoire,
aussi ne faut-il pas les choisir par hasard.

De la tôle ondulée des sachets plastiques, des bassines, et l'accumulation même de ces objets font
par exemple référence au modes de vies de diverses populations.

Ce choix de matériaux traduit un intérêt pour un réel brut de nécessité. Partir oui, mais partir d'un rien, se débrouiller avec peu. Se contraindre à l'invention et à la création permanente.
Précarité, fragilité et instabilité sont récurrentes dans l'œuvre de Tiéri. Que ce soit dans ses sculptures ou ses vidéos,
tout ne tient qu'à un fil.

L'idée de lutte est aussi omniprésente. Lutte avec la gravité, lutte avec le réel, lutte avec les éléments.
Défis à l'apesanteur, tension, risque, rapports de forces, équilibre, mouvement, toutes ces questions qui
transparaissent posent des questions fondamentales à

la sculpture. Comment tenir ou faire tenir debout? Faut-il en rire ou en pleurer? Petitesse et fragilité de l'humain. Tiéri aime que le spectateur fasse lui-même sa propre lecture de
ce qu'il à sous les yeux et veille à ce qu'aucune explication

ne lui soit dictée. Aussi parle-t-il d'indices quand il parle de ses titres ou de ses matériaux.
Aussi répondra-t-il à « non, quoique... » à la question : « Est-tu un artiste engagé? » Non, car il n'a pas la
volonté d'affirmer, de dénoncer ni de clamer quoi que ce soit.

 Pas de manière directe en tous cas. Il a trouvé un bon moyen de traiter les sujets délicats : avec légèreté.
Le Burlesque. Offrir différents degrés de lecture.

Toujours sur le fil, en équilibre cette fois entre tragique et comique.

Eloïse Rey


                  

                                   

 

                            

 

                       

 

                                                                                     

                                                                


 

                           voici une vidéo-performance:

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